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Chapitre 7 : Le prédimensionnement

 

 

I - Le plan de coffrage

 

 

Un plan de coffrage peut être considéré comme étant une vue de dessus du coffrage avant le coulage du béton. Cependant, les éléments horizontaux (planchers, poutres et linteaux) et les éléments verticaux (murs et poteaux) n’obéissent pas aux mêmes règles :

·         Pour les ouvrages horizontaux : les contours du coffrage sont dessinés, le béton étant considéré non coulé.

·         Pour les ouvrages verticaux : ils sont représentés comme s’ils étaient coupés par un plan horizontal juste en dessous du niveau des poutres et linteaux.

Le respect des règles suivantes permet d’avoir un plan de coffrage bien conçu :

·         La vérification de l’alignement entre les poteaux.

L’évitement de grandes portées des poutres.

·         L’évitement de grandes retombées des poutres dans les milieux visibles de bâtiment (cela influence l’aspect esthétique de la construction) ;

·         L’évitement des poteaux au milieu des pièces.

 

La démarche suivie lors de la réalisation de notre plan de coffrage est :

·         Une bonne lecture du plan architectural et la décision à propos de l’utilisation des joints.

·         La mise en place des poteaux et des poutres, en respectant l’aspect architectural et esthétique de la structure.

·         Les poutres ne doivent pas avoir de grandes portées afin d’éviter des retombées excessives.

·         La définition des planchers ainsi que leur sens de portée.

·         Le pré dimensionnement des éléments porteurs de la structure.

 

II-Le prédimensionnement des poteaux

 

Pour un poteau rectangulaire, le coffrage doit vérifier la condition suivante :

𝑎×𝑏≥𝑁𝑢/𝑓𝑏𝑢

Avec

𝑎 𝑒𝑡 𝑏 Sont les dimensions planes du poteau.

𝑁𝑢 Est la descente de charge à l’ELU.

𝑓𝑏𝑢 Est la contrainte limite du béton à l’ELU.

Remarque : Au début, on choisit des poteaux de section minimale (25𝑐𝑚×25𝑐𝑚). Après le calcul de la descente des charges, on modifie la section suivant la condition vue ci-dessus.

Pour un poteau circulaire, le coffrage doit vérifier la condition suivante : 𝜋𝐷/24≥𝑁𝑢/𝑓𝑏𝑢

Avec D est le diamètre du poteau.

 

III-Le prédimensionnement des poutres


Les poutres sont des éléments horizontaux en béton armé sollicitées par des moments de flexion et des efforts tranchants. Leur rôle est la transmission des charges du plancher aux poteaux. Le calcul des poutres se fera en flexion simple avec les sollicitations les plus défavorables. Le prédimensionnement des poutres suit la règle décrite comme suite :

-           Poutre isostatique : ℎ≥𝐿10

-           Poutre hyperstatique :

 

Porteuse dans 2 cotés :………………... ℎ≥𝐿/12

porteuse dans un coté :……………….. ℎ≥𝐿/14

Non porteuse :………………………… ℎ≥𝐿/16

 

Avec :

: La hauteur de la poutre.

𝐿 : La longueur de la poutre.


IV-Le prédimensionnement des voiles


Selon l’article 7.3.1.4 du RPS 2011, L’épaisseur minimale du voile est fonction de la hauteur nette de l’étage et des conditions de rigidité des extrémités.

-           𝑒𝑚𝑖𝑛=min (15 𝑐𝑚, ℎ𝑒20) Pour un voile non rigidifié à ses deux extrémités.

-           𝑒𝑚𝑖𝑛=min (15 𝑐𝑚, ℎ𝑒22) Pour un voile rigidifié à une extrémité.

-           𝑒𝑚𝑖𝑛=min (15 𝑐𝑚, ℎ𝑒25) Pour un voile rigidifié à ses deux extrémités.

 



V-Le prédimensionnement des planchers

 

V.1-Les planchers hourdis

 

L’épaisseur des planchers hourdis doit obéir à la règle : ℎ ≥𝐿22.5

: L’épaisseur totale du plancher.

𝐿 : La longueur de la dalle entre nus dans le sens de la portée.

Remarque :

-          Le sens de la portée de la dalle est souvent le sens dont la plus petite dimension.

-          L’épaisseur est composée de l’épaisseur de l’hourdis et l’épaisseur de la dalle de compression.

 

Le tableau ci-dessous présente les épaisseurs des dalles qu’on peut trouver sur marché ainsi leur poids.


V.2-Les dalles pleines

 

Dalle porte sur un seul sens (𝐿𝑥/𝐿𝑦<0.4) :

 

Dalle isostatique : ℎ≥𝐿𝑥/20

Dalle Continue : ℎ≥𝐿𝑥/25

Dalle porte sur les deux sens (0.4≤𝐿𝑥/𝐿𝑦≤1) :

Dalle isostatique : ℎ≥𝐿𝑥/30

Dalle Continue : ℎ≥𝐿𝑥/40

 

 

VI - Le prédimensionnement des escaliers

 

Définitions

 

L’escalier est une construction architecturale constituée d’une suite régulière des marches, permettant de passer à pied d’un étage de bâtiment à un autre. L’usage d’un vocabulaire spécifique relatif aux divers composants des escaliers est nécessaire.

Un escalier se compose des éléments suivants :

Emmarchement : dimension perpendiculaire au sens du déplacement dans l’escalier.

Hauteur de marche : distance verticale séparant le dessus de deux marches successives. Cette hauteur varie généralement entre 16 et 21 cm.

Giron : distance horizontale mesurée entre les nez de deux marches successives. Le giron varie généralement entre 25 et 32cm. Le giron et la hauteur de marche sont reliés par la formule de Blondel qui permet une bonne praticabilité de l’escalier.

Profondeur de marche : distance horizontale entre les nez de marches et la contremarche.

Marche : surface plane de l’escalier sur laquelle le pied se pose pour utiliser l’escalier.

Contremarche : face verticale reliant deux marches successives.

Nez de marche : bord extérieur de la marche.

 

 

Palier : plan horizontal plus large que les marches courantes. C’est la partie horizontale d’un escalier arrêtant la suite des marches.

Volée : ensemble de marches successives, comprise entre deux paliers.

Jour d’escalier : c’est la largeur en plan du vide entre deux volées parallèles.

Ligne de foulée : ligne théorique représentant le parcours usuel lorsque l’on emprunte l’escalier.

Paillasse : c’est la dalle en pente supportant les marches d’une volée.

Echappée : désigne la hauteur libre la plus faible calculée entre le dessus des marches et la sous-face du plancher supérieur.

Prédimensionnement

Pré-dimensionner les escaliers revient à déterminer les dimensions du giron ‘’𝑔’’ et la hauteur de la contremarche ‘’ℎ’’.

En utilisant la formule de BLONDEL (architecte français) on a :

59(𝑐𝑚)≤ 2ℎ+𝑔 ≤66(𝑐𝑚)

Avec : Hauteur de la contre marche

𝑔 : Largeur de la marche,

On prend généralement : 2ℎ+𝑔=60(𝑐𝑚)

D’autre part : H = n × h L = (n-1) ×g

Avec 𝐻 : La hauteur entre les faces inférieurs des deux paliers successifs d’étage

𝑛 : Le nombre des contremarches

𝐿 : La projection horizontale de la longueur total de la volée (𝐿𝑣)

On remplace dans l’équation de BLONDEL :

𝐿/(𝑛−1)+2×𝐻/𝑛=60

60𝑛2 – (60+𝐿+2𝐻)𝑛 +2𝐻=0

On résout l’équation pour trouver le nombre des marches et contremarches.

Epaisseur de la paillasse

L’épaisseur de paillasse doit vérifier la condition de la flèche tel que : 𝐿𝑣30 ≤𝑒𝑣≤𝐿𝑣20

Avec 𝐿𝑣 : La longueur de la volée

𝐿𝑣=𝐿cos𝛼 Et 𝛼=tan−1ℎ𝑔

Epaisseur du palier

L’épaisseur de paillasse doit vérifier la condition de la flèche tel que : 𝐿′30 ≤𝑒𝑝≤𝐿′20

Avec 𝐿′ : La longueur du palier.


VII-Les charges d’exploitation

 

VII.1-La loi de dégression des charges verticales

 

Comme il est rare que toutes les charges d’exploitation agissent simultanément, on applique, pour leur détermination, la loi de dégression. Cette loi consiste à réduire les charges identiques ou non à chaque étage.

Soient :

𝑄0 : La charge d’exploitation de la terrasse ou du toit de bâtiment.

𝑄1 : La charge d’exploitation du dernier niveau.

𝑄𝑖 : La charge d’exploitation du niveau i à compter du haut.

𝛴0 : La charge d’exploitation de la terrasse ou du toit de bâtiment après l’application de la loi.

𝛴𝑖 : La charge d’exploitation sous le niveau i après l’application de la loi. 𝑄𝑟𝑖={0𝐾𝑁𝑚2 𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑏𝑎𝑡𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 à 𝑢𝑠𝑎𝑔𝑒 𝑑′ℎ𝑎𝑏𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛1𝐾𝑁𝑚2𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑏𝑎𝑡𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡𝑠 à 𝑢𝑠𝑎𝑔𝑒 𝑏𝑢𝑟𝑒𝑎𝑢𝑥