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Chapitre 6 : Stabilité des pentes

 

 

Plan

 

• Introduction

• Exemples

• Les causes de rupture de talus

• Glissement d'un massif infini sur plan

• Prescriptions de l'Eurocode 7 : états limites

• La méthode des tanches

• Vérification de l'ELU GEO vis-à-vis de l'Eurocode 7

 

1 Introduction

 

_ De manière simplifiée on peut considérer quatre familles de mouvements de terrain :

- glissements, déplacement d’une masse de matériaux le long d’une surface de rupture,

- mouvements sans surface de rupture, fluage, mouvement lent dans la masse, solifluxion,

- écroulements et chutes de blocs,

- coulées boueuses et laves torrentielles (mouvement fluide de suspensions de matériaux).

_ La stabilité des terrains intéresse aussi bien les pentes naturelles que les talus artificiels.

_ Pour l’étude de stabilité des talus, on fait appel à un calcul à la rupture avec coefficients de sécurité partiels aux états limites. Seuls les Etats Limites

Ultimes sont considérés.

_ Les méthodes de calculs à la rupture ne fournissent aucun renseignement sur les déplacements des sols et leur influence sur les tassements de surface et les avoisinants. L’étude des déformations aux états limites de service nécessite une analyse structurale (de type éléments finis par exemple) de tout le massif.

_Les problématiques et les éléments à considérer en stabilité des talus sont :

- Nature, épaisseur, résistance à la rupture et déformabilité horizontale et verticale des différentes formations, résistance de cisaillement des sols (cohésion et angle de frottement, intrinsèques et/ou résiduels), masse volumique, paramètres de frottement latéral dans les cas d’introduction d’éléments résistants.

- Conditions hydrogéologiques, circulation des eaux souterraines et évacuations, perméabilité des sols, analyse chimique de l’eau (agressivité).

- Caractéristiques et sensibilité des ouvrages s’inscrivant dans la Zone d’Influence Géotechnique (ZIG). Surcharges en phases provisoires et définitives.

 


2 Exemples

 

Glissement plan

Rupture en cercle

Rupture d'ensemble après travaux

Rupture d'un remblai sur sol mou

 

3 Les causes de rupture de talus

 

Changement des sollicitations :

- surcharge en tête de talus (construction)

- travaux en pied de talus (tranchée)

- séismes ou vibrations intenses (battage de palplanches)

Modification des conditions hydrauliques :

- pluies intenses (mise en charge de la nappe)

- problèmes de drainage (colmatage)

- variation rapide des conditions aux limites (vidange rapide d’un barrage)

Diminution des caractéristiques mécaniques

 

La résistance au cisaillement peut diminuer avec les déformations.

On distingue ainsi deux résistances au cisaillement.

- La résistance de pic tpic

- La résistance résiduelle trés



4 Glissement d'un massif infini sur plan

 

Sol cohérent et frottant

Sol frottant


5 Prescriptions de l'Eurocode 7


5 Prescriptions de l'Eurocode 7 : états limites

 

_ Les remblais et talus doivent remplir des exigences en termes de stabilité, déformation limitée, durabilité et limitation des dommages crées aux ouvrages et réseaux avoisinants.

_ Les états limites suivants doivent être pris en compte :

- instabilité générale ou défaut de capacité portante ;

- rupture par érosion interne ;

- rupture par soulèvement hydraulique ;

- déformations du remblai ou du talus et des terrains qui les portent ;

- éboulement de rochers ;

- érosion de surface.


5 Prescriptions de l'Eurocode 7 : actions et situations de calcul aux états limites


_ En plus des actions ordinaires, on doit tenir compte des éléments suivants :

- les effets de la submersion, des vagues et des pluies sur les talus et la crête des remblais (érosion) ;

- les effets de la température sur les talus des remblais (retrait) ;

- les activités animales qui provoquent le colmatage des drains ou la formation de trous dans le terrain.

_ Le niveau de calcul de l'eau libre doit être choisi à partir des données hydrologiques disponibles afin de produire les conditions les plus défavorables possibles dans la situation de calcul considérée. La possibilité d'une rupture des drains, des filtres doit être prise en compte.

_ Les conditions hydrauliques les plus défavorables pour les remblais en bord d'eau correspondent au niveau le plus élevé de l'eau dans le remblai et à un abaissement rapide du niveau de l'eau devant le remblai.

_ Il faut considérer aussi l'anisotropie et la variabilité du sol lors de la détermination de la pression interstitielle.

 

5 Prescriptions de l'Eurocode 7 : Calcul à l'état limite ultime; instabilité d'ensemble

 

_ Tous les modes de rupture possibles doivent être pris en compte.

_ Lorsque le terrain ou le remblai est homogène et isotrope, il est suffisant de choisir des surfaces de rupture circulaires.

_ L'équilibre du corps délimité par une surface de rupture éventuelle doit être vérifié en utilisant des valeurs de calcul des actions et des paramètres de résistance au cisaillement conformes avec les recommandations de l'Eurocode 7.

_ Pour les sols sans anisotropie significative de résistance, la méthode des tranches peut être utilisée.

_ La méthode utilisée doit vérifier la stabilité d'ensemble en termes de moment et d'équilibre vertical de la masse en mouvement.

_ Pour le calcul de stabilité d'ensemble des talus et des remblais, on peut généralement utiliser les approches 2 ou 3.

_ A moins qu'il existe une incertitude anormale sur la densité du sol, il n'est pas nécessaire de distinguer les charges gravitaires favorables et défavorables dans les calculs de stabilité des talus.


5 Prescriptions de l'Eurocode 7 : calcul à l'état limite ultime ; déformations


_ Le calcul doit montrer que la déformation du remblai ou du talus ne provoquera pas des dommages sévères aux ouvrages réseaux de communication et équipements situés sur ou au voisinage du remblai ou du talus.

_ Comme les méthodes analytiques et numériques disponibles actuellement ne donnent généralement pas des prévisions fiables des déformations des talus avant rupture, l'occurrence des états limites ultimes peut être évitée, soit :

- en limitant la résistance au cisaillement mobilisée ;

- en observant les mouvements et en prenant des mesures pour les contrôler si cela devient nécessaire.

 

5 Prescriptions de l'Eurocode 7 : calcul à l'état limite ultime : érosion superficielle, érosion interne et soulèvement hydraulique


_ Les mesures les plus couramment utilisées sont :

- le contrôle de l'écoulement de l'eau dans le terrain ou le remblai ;

- la mise en place de filtres de protection ou de filtres inverses ;

- le revêtement des talus ;

- l'installation de puits de décharge ;

- la réduction du gradient hydraulique.

 

5 Prescriptions de l'Eurocode 7 : calcul à l'état limite de service

 

_ Le calcul doit montrer que les déformations du remblai ou du talus ne provoqueront pas l'interruption du service des ouvrages, routes et équipements situés sur ou au voisinage du remblai ou du talus.

_ Il convient de tenir compte des éventuelles déformations dues aux variations des conditions de l'eau souterraine.

_ Il convient d'accorder une attention particulière aux éventuels tassements de consolidation à long terme dus aux variations de la teneur en eau du matériau de remblai ou du terrain sous remblai.

 

5 Prescriptions de l'Eurocode 7: approches de calcul


_ Les approches de calcul de l'Eurocode 7 sont représentées symboliquement sous la forme :

A « + » M « + » R

A : représente les facteurs partiels appliqués aux actions (pression active des terres, poids du sol) ou aux effets des actions;

M : représente les facteurs partiels du matériau sol ou autres types de matériaux (poids volumique, cohésion, tangente de l'angle de fortement interne)

R : représente les facteurs partiels de résistance à une action (pression passive des terres, frottement)

_ Pour les ELU GEO et STR, les approches de calcul qui s’appliquent sont les approches 2 et 3. L’approche de calcul 2 est celle qui est recommandée.

Dans ce cas la combinaison d’ensembles de facteurs partiels suivante est à appliquer :

A1 «+» M1 «+» R2

Dans cette approche, les facteurs partiels sont appliqués aux actions ou aux effets des actions et aux résistances du terrain.

Si cette approche est utilisée pour les calculs de stabilité de pente ou de stabilité générale, l’effet résultant des actions sur la surface de rupture est multiplié par gE et la résistance globale au cisaillement sur la surface de rupture est divisée par gR;e.

 

_ L’approche de calcul 3 peut être utilisée pour la vérification de la stabilité générale d’un site, de la stabilité d’ensemble des écrans, des ouvrages en remblais renforcés ou des massifs en sol cloués, et pour les analyses numériques d’interaction sol-structure.

Dans ce cas la combinaison d’ensembles de facteurs partiels suivante est à appliquer :

(A1* ou A2**) «+» M2 «+» R3

* sur les actions provenant de la structure

** sur les actions géotechniques.

Dans cette approche, les facteurs partiels sont appliqués aux actions ou aux effets des actions et aux paramètres de résistance du terrain. Pour les analyses de stabilité de pente ou de stabilité globale, les actions appliquées au sol (par exemple les actions provenant de la structure ou les charges de circulation) sont traitées comme des actions géotechniques, en utilisant l’ensemble de facteurs partiels A2.




6 La méthode des tanches

 

Les méthodes les plus employées pour la résolution du calcul de la stabilité des talus de forme quelconque avec des lignes de glissement de forme quelconque, dans des sols hétérogènes, sont les nombreuses variantes de la méthode des tranches.

La méthode des tranches permet de s'adapter à des conditions de géométrie complexes, tant en ce qui concerne les frontières, que le sol et les conditions hydrologiques. Il existe environ une douzaine de variantes de cette méthode qui diffèrent entre elles par :

- la manière d'utiliser les équations de la statique pour définir la sécurité ;

- les hypothèses utilisées pour rendre le problème déterminé.

Parmi les méthodes les plus couramment utilisées, on peut citer :

- la méthode ordinaire ou de Fellenius ou suédoise du cercle ou conventionnelle,

- la méthode de Fellenius simplifiée,

- la méthode simplifiée de Bishop,

- la méthode de Spencer,

- la méthode complète de Janbu,

- la méthode de Morgenstern et Price.