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Chapitre 5 : Les murs de soutènemen

 

 

Plan

 

• Introduction

• Les types de murs de soutènement

• Dimensionnement des ouvrages de soutènement

• Modélisation des ouvrages de soutènement

• Justification de la stabilité

• Combinaisons d’actions selon les Eurocodes

• Stabilité interne

• Stabilité d’ensemble

• Stabilité au poinçonnement : ELU et ELS

• Stabilité au glissement : ELU

• Stabilité au renversement : ELU et ELS

• Récapitulation des coefficients de sécurité

• Rôle de l'eau : stabilité à court terme et stabilité à long terme

• Calcul des efforts de poussée-butée

• Prédimensionnement d’un mur cantilever (voile)

 

1 Introduction

 

_ Les murs de soutènement servent à retenir le sol lorsque les besoins d’espace sont importants, en milieu urbain notamment, ou lorsque le terrain est escarpé.

_ La pente que suppose la construction d’un talus occasionne généralement une perte d’espace, que le mur vertical permet de récupérer.

_ Le mur peut également servir de butée pour des pentes naturelles instables.

 

_ La réalisation d’un mur de soutènement s’accompagne de la mise en place de remblais derrière l'ouvrage ou par extraction des terres devant celui-ci.

_ Il existe de nombreux types d'ouvrages de soutènement, qui ont été conçus pour répondre aux situations les plus diverses. Ils se distinguent principalement par :

- leur morphologie ;

- leur mode de fonctionnement ;

- les matériaux qui les constituent ;

- leur mode d'exécution ;

- leur domaine d'emploi privilégié (urbain, montagneux, aquatique...).

_ Tous ces ouvrages ont en commun la force de poussée exercée par le massif de sol retenu.

 

_ Si l’on excepte les techniques de soutènement de type « terre armée » ou parois ancrées, on peut classer les ouvrages de soutènements en deux catégories :

- Les ouvrages rigides, pour lesquels la surface en contact avec le terrain est indéformable. Les contraintes sont dictées par les déplacements. Les murs de soutènement classiques sont les ouvrages les plus courants de cette catégorie.

La poussée est reprise par le poids de l'ouvrage (murs poids) ou par encastrement de l'ouvrage dans le sol (murs en béton armé). Dans ce dernier cas, le poids des terres participe à la stabilité de l'ouvrage par l'intermédiaire de la semelle.

- Les ouvrages souples, pour lesquels la surface de contact est déformable :

Les contraintes dépendent non seulement des déplacements de l’écran de soutènement mais aussi de ses déformations propres (interaction sol/structure).

L’ouvrage type représentatif de cette catégorie est le rideau de palplanches.

Pour ce type de soutènement, la poussée est reprise soit par encastrement de l'ouvrage dans le sol, soit à l'aide d'ancrages.

 

2 Les types de murs de soutènement


_ En considérant les murs rigides, Il existe quatre types principaux de murs de soutènement :

- le mur poids ;

- le mur cantilever ;

- le mur à contreforts ;

- le mur à caissons.

 

_ Le mur poids est le plus ancien est le plus simple à construire. Il ne comporte pas d’armature en acier. Sa stabilité est assurée par son poids et sa largeur

 


 

Dimensionnement et caractéristiques techniques :

– épaisseur minimale à la base 60 cm ;

– épaisseur maximale à la base 75 cm ;

– hauteur maxi 1.35 m ;

 

Le mur cantilever

_ Le mur cantilever est appuyé sur une large semelle filante. Ce mur en porteà- faux est relativement mince et nécessite une armature en acier. Sa stabilité est assurée par la semelle chargée de sol du coté amont ainsi que par son propre poids. Le sol s’appuyant sur le mur du côté aval de même que la butée optionnelle placée sous la semelle s’opposant aux forces de glissement.



 

Mur à contreforts

_ Le mur à contreforts ressemble au mur cantilever à l’exception des contreforts qui permettent de réduire son épaisseur. Les contreforts sont placés à intervalles réguliers, l’espacement idéal correspondant à là de mi-hauteur du mur. La stabilité du mur à contreforts est assurée par le poids du sol sur la semelle et le poids du mur sur lui-même.

 

Mur à caissons

Mur à caissons

_ Le mur à caissons est constitué par un ensemble de boîtes alignées superposées ou non. Chaque boîte ou caisson est remplie de sol, de pierres ou d’un autre matériau de poids volumique élevé. La stabilité du mur est assurée par le largueur des caissons et le poids du matériau de remplissage.



3 Dimensionnement des ouvrages de soutènement



_ Le dimensionnement d'un ouvrage de soutènement consiste à déterminer les éléments géométriques et structuraux afin qu'il soit stable sous l'action des forces qui lui sont appliquées et notamment de la poussée des terres qu'il retient.

_ Les méthodes de dimensionnement classiques reposent sur des calculs à la rupture avec prise en compte de coefficients de sécurité.

_ Dans la suite de ce cours, on s’intéresse aux ouvrages « rigides » (murs poids, murs en béton armé) et on fait référence aux prescriptions de l’Eurocode 7.

_ Dans le cas des parois souples (rideaux de palplanches, parois moulées,...), le dimensionnement de l'ouvrage se fait par un calcul en déformation: interaction sol/structure.

 

Les forces agissant sur le mur sont :

_ le poids propre du mur dont le point d’application est le centre de gravité de celui-ci ;

_ la résultante des forces de poussée des terres ;

_ la résultante des forces de butée côté aval ;

_ la réaction du sol d’assise.

A ces forces peuvent également s’ajouter :

_ les résultantes des forces hydrostatiques sur les parements amont et aval et sous la semelle en cas de présence d’une nappe au repos ;

_ les résultantes des forces d’écoulement en cas de présence d’une nappe en mouvement ;

_ des forces concentrées en certains points (tirants d’ancrage par exemple).

 

4 Modélisation des ouvrages de soutènement : mur cantilever

 

La poussée des terres s'applique à travers une ligne de glissement qui délimite avec l’ouvrage une zone du sol (ABO) dite « coin mort ». Cette zone n'entre pas en déplacement et participe à la résistance du mur par le poids qu'elle exerce sur la semelle du mur.

 

Le calcul d'un mur cantilever suppose l’existence d’un coin mort de sol qui fait partie intégrante du mur. On détermine alors la force de poussée qui s'exerce sur l'interface entre le sol et le coin mort.

Deux modèles de coin mort sont utilisés selon la position de la ligne de glissement.

Deux surfaces de glissement passant par l’arête B du talon apparaissent en poussée active. Pour simplifier, il est admis que ces surfaces de glissement sont planes. Leurs traces sur le plan sont les deux droites :

 

_ La méthode qui consiste à prendre en compte un écran fictif à partir des plans de glissement est applicable pour la vérification de la stabilité externe.

_ Pour le calcul de la résistance interne d’un mur de soutènement, il est d’usage de considérer que les poussées s’appliquent directement sur le parement du mur avec un angle d’inclinaison d sur la normale, d est choisi en fonction de la rugosité de ce parement, ou du tassement relatif possible entre le mur et les terres en amont.

_ Les méthodes de détermination de la poussée ne doivent pas être contradictoires à l’Eurocode 7 et ses normes d’application.

 

5 Justification de la stabilité


_ Pour qu’un mur de soutènement soit stable, il ne doit ni glisser ni se renverser sous l’effet des forces latérales.

_ Certaines de ces forces sont des forces de renversement, comme la poussée active ; d’autres sont des forces stabilisatrices, comme le poids propre du mur ou la poussée passive s’exerçant du côté aval du mur.

_ Plusieurs modes de rupture doivent être envisagés. La vérification doit être conduite pour chacun d'entre eux.

_ Parmi les modes de rupture possibles, on distingue :

- La stabilité interne (rupture des éléments constitutifs de l'ouvrage sous l'action des forces extérieures, voir cours béton armé)

- La stabilité externe (renversement, instabilité d'ensemble, poinçonnement, glissement).

 

L’Eurocode 7 identifie les mécanismes de ruine ou les désordres susceptibles d’affecter les ouvrages courants couverts par la norme (NF P94-281), en sites hors d’eau.

_ Concernant les murs de soutènement, ce sont :

- la ruine par défaut de capacité portante du sol de fondation, qui se traduit par un poinçonnement du sol support ou une rotation excessive du mur avec renversement;

- la ruine par glissement du mur sur sa base, causée par une insuffisance de résistance mobilisable à l'interface entre la base du mur et le terrain ;

- la ruine liée à une instabilité générale du site, le mur peut périr dans ce cas par déformation inacceptable consécutive à un grand glissement le long d’une ligne de rupture extérieure au mur;

- la ruine par rupture interne du mur, due à une insuffisance de la résistance structurale des éléments qui le constituent (voile, semelle ou leur jonction).

 

_ Différents ELU sont à considérer pour les murs de soutènement. Aucun de ces états limites ne doit être atteint au cours de la construction du mur et de sa durée d'utilisation prévue.

_ Les ELU comprennent :

- la perte d'équilibre de la structure ou du terrain (EQU) ;

- la rupture interne ou la déformation excessive de la structure ou d'éléments de structure (STR), tels que les semelles et les voiles ;

- la rupture ou déformation excessive du terrain (GEO) ;

- le soulèvement global de la structure ou du terrain provoqué par la pression de l'eau (poussée d'Archimède) ou par d'autres actions verticales (UPL) ;

- le soulèvement local du terrain, érosion interne ou érosion régressive du terrain, sous l'effet des gradients hydrauliques (HYD).