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Chapitre 4 : Essais en place (in-situ)

 

 

Plan


• Introduction

• Quelques définitions (Eurocode 7)

• Extraction d'échantillon

• Eurocode 7 : classes de qualité d'échantillons de sol

• Eurocode 7 : essais de laboratoire en géotechnique

• Eurocode 7 : essais in-situ

• Eurocode 7 : types de reconnaissances des sols

• Essais de pénétration au cône et au piézocône – CPT(U)

• Essai pressiométrique (PMT)

• Essai de pénétration au carottier (SPT)

 

 

1 Introduction


_La détermination des caractéristiques d'un sol nécessite la réalisation d'essais.

_Les essais permettant la détermination des caractéristiques à court terme peuvent être effectués de deux façons :

- au laboratoire après prélèvement d’échantillons (intacts ou remaniés) ;

- au sein du massif de sol, par un essai en place ou in situ.

_Les essais permettant la détermination des caractéristiques à long terme sont réalisés au laboratoire sur des échantillons de sol intacts.

_ Les avantages de l’essai in-situ sont les suivants :

- son exécution est rapide, donc on peut le multiplier pour permettre une meilleure reconnaissance du sol ;

- il est parfois le seul à réaliser lorsqu’on ne peut pas extraire des échantillons intacts ;

- il donne des résultats globaux par rapport aux essais de laboratoire qui eux donnent des résultats qui ne sont valables que localement.

_ L'Eurocode 7 donne une place importante aux essais in-situ. Certaines des procédures recommandées font appel directement aux résultats obtenus in-situ.

 

2 Quelques définitions (Eurocode 7)

 

Echantillon

Morceau de sol ou de roche pris dans le terrain par des techniques de prélèvement.

Echantillon remanié

Echantillon de terrain dont la structure, la teneur en eau et/ou les composants ont été modifiés pendant le prélèvement

Echantillon très remanié

Echantillon de terrain dont la structure du sol ou de la roche en place a été fortement modifiée.

Echantillon non remanié

Echantillon de terrain dont les caractéristiques n’ont subi, au cours du prélèvement, que des modifications sans conséquence pratique.

Eprouvette

Partie d’un échantillon de sol ou de roche utilisée pour un essai en laboratoire.

Eprouvette naturelle

Eprouvette réalisée à partir de l’échantillon (non remanié, remanié, très remanié) disponible.

Eprouvette reconstituée

Eprouvette préparée en laboratoire ; pour les sols fins, le matériau est préparé à l’état liquide (à la limite de liquidité ou au-dessus), puis consolidé (sédimenté) ; pour les sols grenus pulvérulents, le matériau est soit versé ou mis en place par pluviation à sec (séchée) ou par voie humide et puis compacté, ou bien consolidé.

Eprouvette très remaniée

Eprouvette de terrain déstructuré réalisée à une teneur en eau proche de la teneur en eau naturelle.

 

3 Extraction d'échantillon

 



4 Eurocode 7 : classes de qualité d'échantillons de sol

 



5 Eurocode 7 : essais de laboratoire en géotechnique

 


6 Eurocode 7 : essais in-situ

 

CPT essai de pénétration statique au cône

CPTU essai de pénétration statique au cône avec mesure de la pression interstitielle

DMT essai au dilatomètre plat

DP essai de pénétration dynamique

DPL essai de pénétration dynamique au pénétromètre léger

DPM essai de pénétration dynamique au pénétromètre moyen

DPH essai de pénétration dynamique au pénétromètre lourd

DPSH-A essai de pénétration dynamique au pénétromètre très lourd, type A

DPSH-B essai de pénétration dynamique au pénétromètre très lourd, type B

FDP essai au pressiomètre refoulant

FDT essai au dilatomètre flexible

FVT essai au scissomètre de chantier

MPM essai pressiométrique Ménard

PBP essai pressiométrique avec forage préalable

PLT essai de chargement à la plaque

PMT essai pressiométrique

RDT essai dilatométrique dans le rocher

SBP essai pressiométrique autoforé

SDT essai dilatométrique dans le sol

SPT essai de pénétration au carottier

WST essai de sondage par poids

 

7 Eurocode 7 : types de reconnaissances des sols


- Reconnaissances préliminaires pour l’implantation et le prédimensionnement d’un ouvrage.

- Reconnaissances pour le dimensionnement et la construction.

- Reconnaissances de contrôle.

Il convient de se reporter à la norme NF EN 1997-2 pour tous les détails concernant la reconnaissance des terrains et essais.

Dans la suite, on décrit les essais in-situ : CPT, PMT et SPT.

 

8 Essais de pénétration au cône et au piézocône – CPT(U)

 

_ Le but d’un essai de pénétration statique au cône (CPT) est de déterminer la résistance d’un sol ou d’une roche tendre à la pénétration d’un cône ainsi que le frottement local sur un manchon.

_ L’essai de pénétration statique CPT consiste à enfoncer verticalement dans le sol une pointe pénétrométrique, au moyen d’un train de tiges. La pointe pénétrométrique doit être foncée dans le sol à une vitesse constante. Elle comprend un cône et, le cas échéant, un fût cylindrique ou manchon de frottement. La résistance à la pénétration du cône (qc) ainsi que, le cas échéant, le frottement local sur le manchon de frottement doivent être mesurés.

_ L’essai de pénétration statique au piézocône (CPTU) est un essai CPT avec une pointe électrique contenant une instrumentation complémentaire destinée à mesurer, lors de la pénétration, la pression interstitielle au niveau de la base du cône.

 


L’angle au sommet du cône q doit être de 60 degrés.

L’aire nominale totale de la base est normalement : AC = 1 000 mm2

Pour le piézocône, il convient d’adopter une géométrie du cône telle que :

- la hauteur he de la partie cylindrique, incluant la hauteur hu de l’élément filtrant, soit comprise dans les limites suivantes : 7.0 mm< he<10.0 mm ;

- le diamètre du de l’élément filtrant soit compris dans les limites suivantes :

dc<du<dc + 0.2 mm où dc est le diamètre du cône.

 

Il convient d’employer des dispositifs pour mesurer, s’il y a lieu, les grandeurs suivantes :

- force de pénétration totale Qt ;

- force axiale Qc, agissant sur le cône et associée au cône ;

- effort de frottement Qs agissant sur le manchon de frottement et associé au manchon de frottement (autre grandeur possible : somme des forces Qc + Qs agissant sur le cône et sur le manchon de frottement, associées au cône et au manchon de frottement);

- inclinaison et vitesse de pénétration du cône.

Dans les essais au piézocône, la pression interstitielle de pénétration u, au niveau de l’élément filtrant présent dans le cône est aussi à mesurer.

L’inexactitude des mesures ne doit pas dépasser 5 % de la valeur mesurée.

Il convient que l’inclinaison maximale des tiges de fonçage en surface soit de

2 % par rapport à la verticale.

La vitesse de pénétration doit être de (20 ± 5) mm/s.

 

Exemple de corrélation entre la résistance à la pénétration du cône et l’angle de frottement interne :

j'est l’angle de frottement interne, en degrés ;

qc est la résistance à la pénétration du cône, en MPa.

Cette relation est valable pour les sables mal gradués (CU < 3) situés au-dessus du niveau de la nappe et pour des résistances à la pénétration du cône dans la plage 5 MPa _ qc

_ 28 MPa.

- Cette méthode a été établie à partir d’essais de pénétration statique au cône à pointe électrique et d’essais triaxiaux en laboratoire.

- Cette méthode a été publiée par Stenzel et al. (1978) et dans la norme

DIN 4094-1 :2002.

 

9 Essai pressiométrique (PMT)

 

Le but d’un essai pressiométrique est de mesurer in-situ la déformation d’un sol ou d’une roche tendre produite par l’expansion d’une sonde cylindrique à gaine souple, sous l’effet de la pression.

L’essai consiste à introduire dans le terrain, soit dans un trou de forage réalisé au préalable, soit par autoforage, soit par refoulement, une sonde à gaine cylindrique souple.

Une fois descendue à la profondeur d’essai prévue, la sonde est mise sous pression et dilatée et les lectures de la pression et de l’expansion sont enregistrées jusqu’à ce que l’expansion maximale de l’appareillage d’essai soit atteinte.

L’expansion de la sonde est mesurée à partir du déplacement radial de la sonde, ou calculée à partir de la variation du volume de la gaine cylindrique.

 

De manière générale, il y a quatre types d’appareillage disponibles, pour lesquels les normes correspondantes doivent être utilisées :

- pressiomètres avec forage préalable (PBP), par exemple pour l’essai au dilatomètre flexible (FDT), selon la norme EN ISO-22476-5 ;

- pressiomètre Ménard (MPM), un type spécifique de PBP : pressiomètre avec forage préalable, selon la norme EN ISO-22476-4 ;

- pressiomètre autoforeur (SBP), selon la norme EN ISO-22476-6 ;

- pressiomètre refoulant (FDP), selon la norme EN ISO-22476-8.

Un mode opératoire permettant d’obtenir un module pressiométrique (EM) et une pression limite (pLM) pouvant être utilisés dans les méthodes de calcul spécifiques au pressiomètre Ménard.