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Chapitre 7 : Fondations superficielles

 

 

 

Plan

 

• Introduction

• Capacité portante d’un sol

• Modèle de Caquot-Kérisel

• Modèle de Terzaghi

• Modèle de Meyerhof

• Recommandions de l’Eurocode 7

• Correction due au niveau d’élévation de la nappe phréatique

• Capacité portante nette du sol

• Prescriptions de l’Eurocode 7 pour la conception des fondations superficielles : la norme NF P 94 - 261

• Etats limites ultimes (norme NF P 94 – 261)

• Etats limites de service (norme NF P 94 – 261)

• Capacité portante (ELU)

• Défaut de portance en situations de projets accidentelles (ELU)

• Charges excentrées (ELU)

• Glissement (ELU)

• Glissement en situations de projet accidentelles (ELU)

• Stabilité générale du site (ELU)

• Justifications à l’état limite de service (ELS)

• Excentrement du chargement (ELS)

• Limitation de la charge transmise au sol (ELS)

• Fondations su rocher

• Calcul de la structure des fondations superficielles


1 Introduction

 

_ La capacité portante d’un sol est la pression maximale qu’il peut supporter sans tomber en ruine.

_ La capacité portante d’un sol est un paramètre clé de conception qui est aussi utilisé pour la vérification de l’état limite de poinçonnement du sol.

 


2 Capacité portante d’un sol


_ Terzaghi (1943) a développé la solution au problème d’une fondation superficielle constituée par une semelle de largeur B et enfouie à la profondeur

Df sous le niveau du terrain naturel.

_ Il a adapté la théorie de poinçonnement sur des métaux due à Prandtl (1920) au cas des sols.

_ Il a supposé que :

- la résistance du sol est décrite par le critère de Mohr Coulomb : tf=c+stanj,

- la profondeur de la semelle est remplacée par une charge : q=gDf,

- la base de la semelle est une surface rugueuse.

Pour une profondeur z0, si on se trouve assez loin de la verticale Oz, on peut accepter

l’idée que pour les points du massif (I), respectivement (II), se développe dans le massif un état d’équilibre limite piloté par la surcharge q1, respectivement q2.

On peut supposer que la frontière entre ces deux zones est une droite Ox passant par O.

Cette droite est nécessairement l’axe Oz, car en exprimant l’équilibre d’une tranche verticale centrée sur M l’état de contrainte limite ne peut pas être celui dû à (II).

Pour que l’équilibre d’une facette S située sur Oz soit possible, il faut que la contrainte s’exerçant sur cette facette verticale soit la même dans les deux zones.

Appelons p cette contrainte.

 

 

Le schéma des déformations n’est pas cinématiquement admissible (compatibilité des déformations).

Les lignes de glissement des zones (I) et (II) n’ayant pas la même inclinaison sur la verticale, la ligne Oz est une ligne de discontinuité cinématique (le long de cette ligne un segment se raccourcit ou s’allonge suivant qu’il appartient à (I) ou à (II) ! ).

 

La solution simple qui s’impose consiste à introduire une 3ème zone limitée par deux droites passant pas O et qui sont des lignes de glissement : Ox et Oy pour chacun des deux équilibres considérés. Conformément à l’équilibre limite de Boussinesq, la ligne de glissement dans cette zone est une spirale logarithmique.

 

3 Capacité portante nette du sol

 

La capacité portante qu discutée précédemment est la capacité portante brute, c’est-à-dire la contrainte limite que le sol peut supporter à la face de la semelle sans rentrer en ruine. Lorsque le poids volumique du béton est pris égal au poids volumique du sol, l’équilibre suivant intervient :



4 Modèle de Caquot-Kérisel

 

Caquot et Kérisel ont pris pour les trois termes de (1)

Caquot-Kérisel ont proposé pour les facteurs de capacité les valeurs suivantes

 

5 Modèle de Terzaghi

 

Terzaghi a pris pour les facteurs de capacité portante les valeurs suivantes

 

6 Modèle de Meyerhof

 

Meyerhof a pris pour le coefficient de surface Ng une valeur liée directement

à la valeur du facteur de profondeur Nq par la relation suivante:

 


 

7 Recommandions de l’Eurocode 7 : conditions drainées

 

La capacité portante est déterminée à partir de :

Nc, Nq et Ng sont les facteurs de capacité portante

g’ est le poids volumique effectif du sol sous la base de la fondation (il correspond au poids volumique humide si la nappe est située à une profondeur supérieure à 1.5B sous la base de la fondation, au poids volumique déjaugé si la nappe est présente immédiatement sous la base de la base de la fondation et à une valeur comprise entre le poids volumique humide et le poids volumique déjaugé pour les autres cas).

q’0 est la contrainte effective à la base de la fondation après les travaux en faisant abstraction de celle-ci.

bc, bq et bg

_ sont les coefficients de base inclinée

sc, sq et sg

_ sont les coefficients de forme

ic, iq et ig

_ sont les coefficients d’inclinaison de la charge

Norme NF P 94 – 261 dans le cas d’un gradient hydraulique orienté vers le haut.

 

8 Prescriptions de l’Eurocode 7 pour la conception des fondations superficielles

La section 6 de l’Eurocode 7 traite des fondations superficielles : semelles isolées, semelles filantes et radiers. Certaines dispositions s’appliquent également aux fondations telles que les caissons.

Pour le calcul d’une fondation superficielle, on peut soit utiliser une méthode directe

qui consiste à analyser séparément chaque état limite ou bien utiliser une valeur de la capacité portante estimée de façon empirique en utilisant des expériences comparables et les résultats d’essais ou d’observations.

La norme NF P 94 - 261 norme d'application nationale (en France) de l'Eurocode 7 relative à la justification des fondations superficielles est appliquée dans la suite.

Le choix de la profondeur de la fondation doit prendre en compte les aspects suivants :

- le niveau de la nappe phréatique ;

- le retrait et le gonflement des argiles dus aux variations saisonnières (et aux arbres) ;

- le gel ;

- la circulation d’eau ;

- les effets des excavations sur les fondations et ouvrages avoisinants.

 

Liste des ELU à vérifier :

- Instabilité générale du site

- Rupture par poinçonnement du sol support :

- défaut de capacité portante

- excès d’excentricité

- Rupture par glissement

- Rupture de la structure de la fondation

- Instabilité de l’ouvrage (flambement) porté vis-à-vis des déplacements et des rotations de la fondation

Liste des ELS à vérifier :

- Tassements de la fondation

- Critère d’excentricité (« surface comprimée »)

- Limitation de la descente de charge à une fraction de la résistance limite


9 Capacité portante (ELU)

 

q0 est la contrainte totale verticale que l'on obtiendrait à la fin de travaux à la base de la fondation superficielle en l'absence de celle-ci.

gR;v est la valeur du facteur partiel permettant le calcul de la portance à l’ELU pour les situations durables et transitoires, elle est égale à 1.4.

qnet est la contrainte associée à la résistance nette du terrain sous la fondation superficielle calculée selon une méthode de calcul appropriée (Annexes D, E ou F)

gR;d;v est le coefficient de modèle associé à la méthode de calcul utilisée (Annexes D, E ou F).

D'après l'Annexe F de la norme NF P94-261 :

- la valeur du coefficient de modèle gR;d;v retenue pour la méthode analytique dans le cas de calculs en conditions non drainées pour les sols purement cohérents est égale à 1.2. Ce type de calcul doit être considéré, en particulier dans les sols fins.

- la valeur du coefficient de modèle gR;d;v retenue pour la méthode analytique dans le cas de calculs en conditions drainées est égale à 2. Cette valeur, qui peut paraître élevée, a été choisie car il n’existe pas de justifications de cette méthode de calcul fondées sur l’exploitation d’une base d’essais de fondations superficielles.

 

10 Justifications à l’état limite de service (ELS)

Les valeurs de tassements et de rotations calculées doivent être comparées à des valeurs seuils définies en fonction de la sensibilité de la structure (Clause 2.6 (2) et Section 7.4.1 de la norme NF EN 1992-1-1 ainsi que Annexe L de la NF P 94-261).

Il est nécessaire que le calcul du tassement absolu, du tassement différentiel ou de la rotation d’une fondation prenne en compte à la fois la répartition des charges, la variabilité éventuelle du terrain et la rigidité de la structure.

Pour les calculs des tassements absolus, des tassements différentiels et des rotations d’une semelle, deux méthodes peuvent être envisagées :

- des méthodes directes fondées sur l’utilisation de données pressiométriques (Annexe H) ou pénétrométriques (Annexe I) essentiellement dans le cas de semelles Rigides ;

- des méthodes fondées sur la modélisation du sol comme un milieu continu (Annexe J) : diverses méthodes peuvent alors être utilisées comme celles issues de la théorie de Boussinesq ou celles reposant sur des modèles numériques d’interaction sol-structure (MISS) (par exemple, la méthode des éléments finis ou des différences finies en intégrant même de manière simple la rigidité de la structure étudiée).