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Chapitre 4 : Les assemblages

 Plan

 

1. Généralités

2. Bases théoriques

3. Classification des assemblages

4. Les assemblages boulonnés

5. Les assemblages soudés

 

 

1. Généralités

Rôle d'un assemblage

_ Un assemblage est un dispositif permettant de solidariser plusieurs pièces entre elles.

_ Il assure la transmission et la répartition des diverses sollicitations entre les pièces.


L'assemblage peut être entre pièces réunies :

- bout à bout (Raboutages, éclissages) ;

- concourantes (Attaches poutre/poteau, treillis et systèmes réticulés).


Assemblage entre deux éléments

Poutre-poutre

Fonctionnement des assemblages

_ Les principaux modes d'assemblage sont :

- le boulonnage,

- le soudage,

- le rivetage,

- le collage.

_ Ils correspondent à deux types de fonctionnement distincts : obstacle ou adhérence (frottement) des surfaces des pièces en contact.

_ Obstacle : boulons ordinaires, non précontraints dont les tiges fonctionnent en cisaillement.

_ Adhérence : soudage, boulonnage par boulons HR (Haute Résistance), collage.

_ Mixte : rivetage et cas extrêmes du boulonnage HR (Avant un certain seuil, la transmission se fait par adhérence, et au-delà la transmission s'opère par obstacle et travail en cisaillement)

 

Précautions constructives

_ Les assemblages constituent des zones plus fragiles que les zones courantes des pièces. Il y a concentration des contraintes à cause des sections réduites par perçage ou par la chauffe du soudage.

_ Les assemblages sont soumis à des charges qui changent de signe, ils peuvent subir le phénomène de fatigue.

_ Les anciens disaient : "Une charpente sous-dimensionnée, mais correctement assemblée est préférable à une charpente correctement dimensionnée, mais mal assemblée". Dans le premier cas, on peut observer une déformation plastique prémonitoire, mais pas dans le deuxième cas où la rupture est brutale.

_ Un assemblage correctement dimensionné ne doit pas en outre créer d'effort parasite.

2. Bases théoriques

_ Pour tout assemblage, une loi Moment-Rotation peut être associée. Cette loi décrit la relation entre le moment fléchissant appliquer et la rotation relative entre les éléments assemblés ΦEd.

_ Les courbes correspondent généralement à des modèles non linéaires. Cependant, ces lois peuvent être approchées par des modèles linéaires basés sur des analyses globales simplifiées.

_ Chaque assemblage présente une courbe Moment-Rotation qui lui est propre.

Cette courbe est utilisée pour classer l'assemblage dans une catégorie donnée, ce qui permet d'identifier le type d’analyse de la structure à réaliser :

- Analyse globale élastique: cette analyse nécessite un classement des assemblages en fonction de leur rigidité en rotation;

- Analyse globale rigide-plastique: cette analyse nécessite un classement des assemblages en fonction de leur résistance et de leur capacité de rotation ductile;

- Analyse globale élasto-plastique : cette analyse nécessite un classement des assemblages en fonction de leur rigidité mais également de leur résistance.

_ Les différentes analyses possibles impliquent la classification des assemblages en fonction de :

- La rigidité flexionnelle « Moment nécessaire pour produire une rotation unitaire dans un assemblage ». Elle conditionne les flèches, les déplacements relatifs de la structure et la reprise des efforts. Un assemblage à faible rigidité flexionnelle n’est pas en mesure de reprendre un moment de flexion important et sera considéré « rotulé ».

- La résistance ou capacité à reprendre les efforts appliqués. Elle peut être déterminée par la méthode des composantes (EC3 1.8) dont le concept est basé sur une décomposition de l’assemblage, l'étude du comportement de chaque composante avant de les regrouper.

- La capacité de rotation «Rotation maximale pouvant subir l’assemblage sans que son moment devienne inférieur au moment résistant de calcul». Les assemblages à comportement ductile sont capables de développer des déformations importantes et contribuent à la sécurité d'une structure surchargée.

_ En réalité, les assemblages sont semi-articulés ou semi-encastrés.

Mais, on simplifie le schéma de calcul en distinguant les assemblages :

- articulés qui transmettent uniquement les efforts (N et V) ;

- rigides qui transmettent en plus les moments ;

- semi-rigides qui transmettent partiellement les moments.

_ Le critère permettant de choisir un schéma ou bien l'autre s'appuie sur la flexibilité initiale à proximité du nœud d'assemblage.


3. Classification des assemblages

Capacité de rotation

L’Eurocode 3 stipule par exemple que dans un assemblage par platine d’extrémité boulonnée, la capacité de rotation est suffisante

4. Les assemblages boulonnés

Boulons obstacles : boulons cisaillés

Les boulons doivent s'opposer au glissement des 2 pièces

Les pièces travaillent en traction

Le boulon est cisaillé.

Il y a glissement plan sur plan de l'âme et du couvre joint.

Les boulons s'opposent à la translation des 2 profils.

Le boulon est cisaillé.

L'effort est perpendiculaire à l'axe des boulons, les boulons sont cisaillés

Le boulon joue le rôle de butée. Il exerce une réaction sur les pièces assemblées : pression diamétrale.

Boulons obstacles : boulons tendus

Résistance en traction du boulon (Ft.Rd):

Soit As la section la plus faible du boulon ( suivant les cas, section résistante ou section à fond de filet). L’effort de traction résistant est de As fub. Après de nombreux essais, cette valeur est minorée par un coefficient 0.9 et on applique un coefficient de sécurité sur l’acier.

Boulons précontraints

Mise en oeuvre de la force de précontrainte :

Le serrage des boulons précontraints est une opération délicate sur le chantier.

En effet un excès de précontrainte peut s’avérer aussi préjudiciable qu’un manque de précontrainte. Trois méthodes sont actuellement utilisées :

• Le contrôle du couple de serrage, la relation entre le couple de serrage C et

l’effort de précontrainte est: C = 0.9KdP, avec K coefficient de frottement vis écrou au niveau du filet (valeur moyenne 0.2), d diamètre du boulon, P effort de précontrainte.

• La méthode du tour d’écrou, un premier pré-serrage est fait à la clef dynamométrique

(40 ou 60% par exemple). Puis le serrage sera terminé par une clef manuelle en appliquant une rotation de l’écrou d’un angle bien défini

(60°, 90°ou 120°).

• L’utilisation de rondelles de mesures, elle consiste à utiliser des rondelles avec des bossages. Les bossages de l’écrou se déforment lors du serrage de l’écrou.

L’évaluation du serrage se fait par la mesure du jeu après écrasement.

L’état de surface des pièces en contact

La transmission d’un effort perpendiculaire à l’axe du boulon repose sur le frottement à l’interface des pièces. L’état de surface des pièces en contact est donc un paramètre fondamental.

L’effort transmis peut varier de 1 à 2.5 en fonction de l’état de surface, donc du type de traitement de surface des pièces. Seuls quatre types de traitement de surface ont été retenus, qualifiés et quantifiés réglementairement.

La forme et la dimension des trous

Les boulons sont toujours montés avec un jeu. Plus le jeu est grand, plus la surface de frottement est faible donc plus la résistance de l’assemblage est faible.

Un coefficient de forme sera donc introduit réglementairement pour quantifier cette influence dans le calcul de la résistance de l’assemblage

5. Les assemblages soudés

Le soudage est un procédé qui permet d'assembler des pièces par liaison intime de la matière, obtenue par fusion ou plastification.

Le soudage implique :

- l'existence d'une source de chaleur (électrique, chimique, mécanique)

- la soudabilité du matériau

Le soudage admet les avantages suivants :

- continuité de la matière

- dispense de pièces secondaires

- moindre encombrement

- esthétique

Le soudage admet les inconvénients suivants :

- contrôle onéreux des soudures

- déformations dans les pièces

- main d'œuvre qualifiée

- matériel spécifique

Les procédés de soudage

- Résistance électrique

- Friction

- Chalumeau oxyacétylénique (3000°C)

- Laser

- Bombardement électronique

- Arc au plasma

- Arc électrique

- Electrode non fusible (TIG)

- Electrode fusible (MAG)

Calcul des cordons de soudure

Les soudures bout à bout ne se calculent pas. On admet la continuité de la matière.

Mais il faut que l'épaisseur de la soudure soit au moins égale à l'épaisseur de la plus faible des pièces assemblées et le métal d'apport aussi résistant que le métal de base.

Les méthodes de calcul s'appliquent donc aux soudures d'angle.

On note :

à l'épaisseur de la gorge la longueur utile du cordon

N l'effort pondéré appliqué à chaque cordon, supposé centré au milieu de la longueur du cordon