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Chapitre 2 : Principe de justification aux états limites et actions de calcul selon l'Eurocode 3

 Plan

1. Bâtiment métallique

2. Principes de vérification aux états limites

3. Actions sur les structures

4. Caractéristiques des matériaux

5. Combinaisons d’actions

 

1.                  Bâtiment métallique

 


Ensemble de l'enveloppe du bâtiment

Eléments principaux

Eléments secondaires

Portique courant



Portique triangulé


2.                  Principes de vérification aux états limites

 

Une structure est conçue pour une durée de vie donnée.

Elle doit être dimensionnée et réalisée de manière à satisfaire :

• aux conditions de résistance aux actions extrêmes, à l'incendie et aux charges accidentelles ;

• aux conditions d’utilisation en présentant certaines aptitudes au service, avec le niveau de fiabilité requis.

 

La vérification des structures se fait suivant le principe de calcul aux états limites, en envisageant toutes les situations de projet possibles telles que :

• les situations de projet durables : conditions normales d’utilisation ;

• les situations de projet transitoires : exécution, réparation ;

• les situations de projet accidentelles : incendie, choc, défaillance d’un élément ;

• les situations de projet sismiques : séisme.

Il existe deux natures d’états limites :

- les « Etats Limites Ultimes » (ELU) ;

- et les « Etats Limites de Service » (ELS).

Etats Limites Ultimes

Les ELU visent la sécurité des personnes et des structures et font l’objet de vérifications portant sur :

• une perte d’équilibre (EQU) ;

• une rupture (STR) ;

• une défaillance provoquée par la fatigue (FAT).

La vérification à l'ELU considère la résistance structurale sous des combinaisons d’actions pondérées traduisant les situations extrêmes susceptibles d'agir sur l’ouvrage durant sa vie.

Une vérification ELU se traduit généralement par une condition du type :

                                 Ed £Rd

Ed: valeur de calcul de l’effet des actions (sollicitation, contrainte…),

Rd : valeur de calcul de la résistance (capacité résistante).

Etats Limites de Service

Les ELS considèrent l’aptitude au service des structures et font l’objet de vérifications portant sur :

• le fonctionnement de la structure (condition de déformation en utilisation normale),

• le confort de personnes (vibrations),

• l’aspect de la construction.

Les vérifications aux ELS, portant sur la déformation des structures, se fait sous combinaisons d’actions non pondérées (censées représenter, avec le niveau de fiabilité requis, les situations normales d’utilisation).

Une vérification ELS se traduit généralement par une condition du type :

                                   Ed £Cd

Ed: valeur de calcul de l’effet des actions (flèche, fréquence);

Cd: valeur limite du critère ELS (flèche admissible).

3.                  Actions sur les structures

 

Les valeurs de calcul Fd des actions qui rentrent dans le calcul de Ed sont basées sur des valeurs caractéristiques Fk corrigées pour en faire des valeurs représentatives

Frep (pour les actions variables) et pondérées par différents coefficients partiels, de combinaison ou d’accompagnement.

Parmi les actions F à prendre en compte, on distingue :

• les actions permanentes G (poids propre, précontrainte) ;

• les actions variables Q (charges d’exploitation I, charges climatiques S, W) ;

• les actions accidentelles A (explosions, chocs, neige accidentelle, vent accidentel).

Valeurs représentatives des actions variables

Les valeurs caractéristiques des actions sont données par l'Eurocode 1.

Suivant la nature de la vérification (ELU ou ELS) et son caractère (principal ou secondaire), une action variable est représentée par :

• sa valeur caractéristique Qk valeur de référence pour toute action variable principale ;

• sa valeur de combinaison _0Qk pour toute action variable d’accompagnement, pour les vérifications ELU et ELS irréversibles ;

• sa valeur fréquente _1Qk pour les bâtiments, le temps de dépassement correspond à 1% du temps de référence ;

• sa valeur quasi-permanente _2Qk utilisée pour les vérifications ELU et ELS réversibles ; pour les planchers de bâtiments, cela correspond à un temps de dépassement de 50% du temps de référence.

Valeurs de calcul des actions

La valeur de calcul des actions, notée Fd, est la valeur à considérer dans les combinaisons :

                              Fd =gF*Frep

avec: Frep = ψi Fk

Où :

Fd : valeur de calcul de l’action ;

gF: coefficient partiel pour l’action, qui tient compte de la possibilité d’écarts défavorables des valeurs de l’action par rapport aux valeurs représentatives;

Frep : valeur représentative de l’action ;

ψi: coefficients ψ0, ψ1, ψ2

4.                  Caractéristiques des matériaux

 

Les propriétés des matériaux sont représentées par leurs valeurs caractéristiques Xk ou Rk, valeurs précisées dans les EN1992 à 1999.

Lors des vérifications, c’est la valeur de calcul de la propriété du matériau qui est utilisée :

avec :

gM: coefficient partiel pour le matériau

5.                  Combinaisons d’actions

 

En combinant plusieurs actions variables, il faut distinguer :

• l’action variable principale Q1 ;

• les actions variables secondaires Q2, Q3 (actions variables d’accompagnement).

Pour les bâtiments courants, les combinaisons portent sur deux actions variables au plus. Le projet doit préciser, le cas échéant, la prise en compte de plus de deux actions variables.

Il existe quatre familles d’ELU : (EQU, STR, GEO et FAT)

EQU : Equilibre

STR : Résistance

GEO : Géotechnique

FAT : Fatigue

Dans le cas où l’on vérifie l’équilibre statique de la structure, il convient de modifier de la façon suivante, la valeur des coefficients gG pour tenir compte de la variabilité des charges permanentes:

On doit notamment vérifier la stabilité de l’ouvrage vis-à-vis du risque de soulèvement sous l’effet du vent en considérant la combinaison :


















Valeurs des charges d’exploitation en fonction de la catégorie de la surface.

 

Pour le calcul d’un plancher à l’intérieur d’un bâtiment ou en toiture, la charge d’exploitation est considérée comme une action libre appliquée sur la partie la plus défavorable de la surface d’influence.

Pour s’assurer que le plancher présente une résistance locale minimale, une vérification séparée doit être effectuée avec une charge concentrée qui, sauf indication contraire, ne doit pas être combinée avec des charges uniformément réparties.

Pour les catégories A, B, C3, D1 et F, on peut utiliser un coefficient de réduction αA en fonction de l’aire portée. Ce coefficient est calculé selon l’expression :

Pour les autres catégories, il n’y a pas de réduction.

Pour le calcul des poteaux ou des murs recevant des charges de plusieurs niveaux, les charges d’exploitation totales sont supposées uniformément réparties sur le plancher de chacun des étages. Ces charges peuvent être réduites par l’application d’un coefficient αn selon les expressions suivantes :

Où n est le nombre d’étages (n>2) au-dessus des éléments structuraux chargés de la même catégorie.

Les coefficients αA et αn ne sont pas à prendre en compte simultanément.

 

Pour les catégories A à E, la charge concentrée Qk doit être considérée comme agissant en un point quelconque du plancher, balcon ou escalier, sur une surface de forme adaptée, en fonction de l’usage et du type de plancher (on peut considérer que cette surface a la forme d’un carré de 50mm de côté).

Pour les catégories F et G, il y a lieu de considérer le schéma suivant :

(1) Les charges sur les surfaces ou locaux industriels sont évaluées en tenant compte de l’usage prévu.

(2) Pour les toitures inaccessibles, la charge répartie qk couvre une aire rectangulaire de 10m2 (la forme et la localisation sont à choisir de la façon la plus défavorable, sans toutefois que le rapport entre longueur et largeur dépasse la valeur 2). La charge répartie et la charge ponctuelle ne sont pas à appliquer simultanément. Ces charges d’exploitation ne sont pas prises en compte simultanément avec les charges de neige ou les actions du vent.

(3) Pour les toitures de catégorie I, les charges d’exploitation sont définies d’après leur usage (catégories A à G).

(4) Pour les toitures de catégorie K, la charge au décollage Qk doit être pondérée par un coefficient dynamique j = 1.5 pour tenir compte des effets d’impact