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Chapitre 1: Matériaux et produits sidérurgiques disponibles

Plan

1. Introduction

2. Les aciers

3. Les aciers de construction

     - Désignation des aciers de construction

     - Caractéristiques mécaniques des aciers principaux

4. Les aciers inoxydables

      - Caractéristiques mécaniques des aciers inoxydables

5. Les principaux produits sidérurgiques disponibles

- Les produits laminés à chaud : les produits longs

- Les produits laminés à chaud : les produits plats

- Les produits formés à froid

- Les produits tubulaires

- Les produits composés

1.       Introduction

 

Les ouvrages en acier sont réalisés à partir de produits sidérurgiques plus ou moins élaborés, assemblés entre eux selon différents procédés.

L’ensemble constitue l’ossature porteuse de la structure. Pour les bâtiments, cette dernière est complétée par une toiture et une enveloppe réalisée en métal (acier, inox, aluminium…) ou à partir de matériaux divers (maçonnerie, bois, verre…)

Ce chapitre présente les aciers et les produits sidérurgiques disponibles pour réaliser des ouvrages en acier.

 

2.       Les aciers

 

Les matériaux disponibles pour réaliser les ossatures métalliques sont :

- les aciers de construction (des aciers doux aux aciers à très haute limite d’élasticité)

- les aciers inoxydables.

Les aciers de construction :

La norme NF EN 10027-1 (1992) précise le système de désignation des aciers ;

La norme NF EN 10025 (2004) décrit les nuances de base utilisées en construction métallique.

Les aciers inoxydables :

Les aciers inoxydables sont des aciers dont la teneur minimale en chrome est de 10.5%. Ceci leur confère des propriétés de résistance à la corrosion élevée.

Elle peut être renforcée par l’addition d’autres éléments d’alliages comme le nickel ou le molybdène.

3.       Les aciers de construction

 


Conditions requises : 

Caractéristiques communes

Désignation des aciers de construction

Les aciers sont désignés par la lettre S suivie d’un nombre qui correspond à la limite d’élasticité exprimée en MPa et relative à la gamme d’épaisseur la plus faible. Suivent ensuite un ou deux symboles représentant respectivement la résilience et le mode d’obtention de l’acier.

Le symbole 1 représente l’énergie de rupture (ou la résilience) exprimée en Joules pour une température d’essai définie par un système de lettres et de chiffres.

La résilience est la capacité d'un matériau à absorber de l'énergie quand il se déforme sous l'effet d'un choc (déformation rapide). On distingue les matériaux fragiles (céramiques, certains aciers et plastiques), des matériaux ductiles (beaucoup de métaux et de plastiques).

Essai de résilience (Charpy)

Le mouton-pendule muni à son extrémité d'un couteau permet de développer une énergie donnée au moment du choc. Cette énergie est classiquement, dans le cas de la norme européenne, de 300 joules.

L'énergie obtenue (en négligeant les frottements) est égale à :

K=mg(h-h')

m = masse du mouton-pendule [kg]

g = accélération de pesanteur [ms−2]

h = hauteur du mouton-pendule à sa position de départ [m]

h' = hauteur du mouton-pendule à sa position d'arrivée [m]

Effet de la température sur la résilience

Désignation des aciers de construction

Le symbole 2 correspond au mode d’obtention de l’acier :

N : normalisé ou par laminage normalisant

M : thermomécanique

Q : trempé et revenu

G : autres caractéristiques suivies, lorsque nécessaire, par 1 ou 2 digits.

Les aciers livrés à l’état normalisé (N), sont des aciers qui ont subi un traitement thermique complet de normalisation, après laminage et retour à la température ambiante.

Les aciers livrés après traitement thermomécanique (M) sont des aciers qui ont été laminés pour former une structure de ferrite/perlite fine après durcissement de la ferrite par précipitation de carbures de niobium et de vanadium. Le laminage thermomécanique se déroule par refroidissement accéléré avec ou sans revenu.

Les aciers livrés à l’état trempé et revenu (Q) sont des aciers qui ont subi un cycle complet de trempe et revenu, après laminage et retour à la température ambiante.

Diagramme d'équilibre du fer- carbone



Traitement thermique : trempe et revenu

Il existe une relation directe entre la finesse des grains (d) et la limite d’élasticité d’un matériau (fy0.2), traduite par la loi empirique de Hall-Petch. Physiquement, les dislocations émises dans un plan vont s’empiler devant les interfaces difficiles à franchir, telles que les joints entre grains d’orientations différentes. Et plus le nombre de grains sera important, plus les dislocations auront du mal à franchir les joints de grains en nombre supérieur.

f0 Limite d'élasticité d'un monocristal

k Constante qui dépend du matériau

d Taille moyenne des grains



4.       Les aciers inoxydables

 

Il existe de nombreuses nuances. Celles qui sont les plus couramment utilisées dans le domaine du bâtiment peuvent être classées en trois grandes familles :

- ferritique au chrome,

- austénitique au chrome-nickel,

- austénitique au chrome-nickel-molybdène.

Les nuances austéno-ferritiques (ou duplex) deviennent les plus courantes du fait du très bon compromis résistance à la corrosion/propriétés mécaniques qu’elles présentent.

Leur avantage principal est une excellente résistance à la corrosion dans la masse,

Mais elles présentent aussi un aspect esthétique attractif.

Les produits disponibles sont des tôles, des tubes (ronds, carrés ou rectangulaires), des profilés (cornières, U, T, I) et des câbles. Ainsi que les bardages et les panneaux divers dont l’aspect esthétique représente toujours le critère de choix essentiel.

5. Les principaux produits sidérurgiques disponibles

Les produits laminés à chaud :

- Les produits longs

- Les produits plats

Les produits formés à froid

Les produits tubulaires

Les produits composés

Les produits laminés à chaud : les produits longs

Les profilés laminés à chaud comprennent les poutrelles en I, en H et en U, ainsi que les laminés marchands classés en profils angulaires (cornières à ailes égales ou inégales, les T et les petits fers U), en fers plats et en produits pleins (ronds, carrés et hexagones). Tous se distinguent par des dimensions transversales petites par rapport à leur longueur.

En général, la section transversale d’une poutrelle en I s’inscrit dans un rectangle dont la hauteur est de l’ordre de deux fois sa largeur alors que celle d’un profil en H présente une largeur pratiquement égale à sa hauteur. Toutefois, pour les profilés de hauteur supérieure à 300 mm, le terme profil en double T est quelquefois utilisé pour désigner l’ensemble des produits en I ou en H

Les profilés en I, en H et en U couvrent une gamme de dimensions assez vaste, leur hauteur variante entre 80 et 1100 mm.

Notations

Axes de référence

xx- axe longitudinal d’une barre

yy- axe de section transversale (en général, l’axe de forte inertie)

zz- axe de section transversale

uu- axe principal de forte inertie (lorsqu’il ne coïncide pas avec l’axe y-y)

vv- axe principal de faible inertie (lorsqu’il ne coïncide pas avec l’axe z-z)

En se limitant aux poutrelles européennes, les produits disponibles sont les suivants:

• IPE, IPE-A, IPE-O, IPN;

• HEA, HEB, HEM, HEA-A, HL, HD, HP;

• UPE, UPN.

Dans ces désignations, la lettre I, H ou U représente la forme générale du profil :

- E signifie Européen

- N indique un élément qualifié de Normal dont l’épaisseur des ailes n’est pas constante.

- Les autres lettres A, B, D, L, M, O ou P, correspondent à des ailes plus ou moins larges ou épaisses (A signifié alléger et M massif).

Les profiles IPN et UPN ne sont pratiquement plus utilisés. En effet, les deux faces de leurs ailes ne sont pas parallèles. Elles présentent une pente de 14% pour l'IPN et de 5 à 8% selon les dimensions pour les UPN, ce qui provoque des difficultés au niveau des assemblages par boulonnage.

A: aire de la section transversale

Wpl,y et Wpl,z: modules plastiques selon l’axe yy et l’axe zz

iy et iz: rayons de giration par rapport aux axes yy et zz

Chaque type d’élément a des aptitudes particulières :

Les profilés en I sont ceux qui présentent les caractéristiques mécaniques les plus grandes autour de l’axe y. Ils sont donc particulièrement bien adaptés pour résister à des sollicitations de flexion simple sans risque de déversement.

Par contre, dans le cas de sollicitations de compression, le risque de flambement est moindre avec les profilés en H qui présentent de meilleures propriétés mécaniques autour de l’axe faible.

Lorsque les sollicitations sont combinées ou lorsqu’une instabilité de déversement est susceptible de se produire, il convient de choisir un profilé réalisant le meilleur compromis entre les différentes caractéristiques.

Les profilés formés à chaud comportent des variations d’épaisseur importantes dans leur section transversale, leur refroidissement n’est pas uniforme. Ils sont donc le siège de contraintes résiduelles de plus ou moins grande intensité.

Les produits laminés à chaud : les produits plats

Les produits plats laminés à chaud sont classés en 3 catégories : les larges plats, les tôles et les bandes.

Les larges plats sont de largeurs comprises entre 150 et 1250mm pour des épaisseurs supérieures à 4mm.

Les tôles, d’épaisseurs comprises entre 1.5 et 21mm pour des largeurs de 600 à

2134mm, sont séparées en tôles fortes (épaisseur_3mm) et en tôles minces (épaisseur<3mm).

Les bandes sont divisées en larges bandes (largeurs_600mm), en feuillards

(largeurs<600mm) et en larges bandes refendues (largeurs de laminage _ 600 mm mais largeurs de livraison < 600mm).

Pour tous ces produits, différentes longueurs sont disponibles. Il est également possible d’obtenir des tôles d’épaisseur variable selon la longueur pour réaliser des poutres à inertie variable, reconstituées par soudage, sans avoir recours à des ajouts de semelles supplémentaires

Les produits formés à froid

Ces produits sont issus de tôles de plus ou moins forte épaisseur (inférieure à 3mm en général) pour lesquelles le formage est réalisé par pliages successifs à froid.

Il est ainsi possible d’obtenir par ce procédé des cornières, des profils en C, en Oméga, en Sigma ou en Zed

Ces produits formés à partir de tôles de faible épaisseur présentent souvent un risque d’instabilité locale qui limite leur capacité portante.

La mise en forme étant réalisée par profilage à froid, ces différents produits sont le siège de contraintes résiduelles plus ou moins importantes selon les rayons de pliage et l’épaisseur de la tôle mère.

Les bardages et les bacs aciers utilisés pour réaliser l’enveloppe des bâtiments font également partie des produits formés à froid. La tôle mère peut être galvanisée ou prélaquée avant profilage pour éviter un traitement ultérieur de protection des surfaces.

Les produits tubulaires

Les produits tubulaires peuvent être formés à froid ou à chaud. Leur forme générale est celle d’un cylindre de génératrice circulaire, elliptique, carrée ou rectangulaire.

Selon leur mode de fabrication, ils sont soudés ou non

Les dimensions vont de 20 à 500 mm pour les diamètres extérieurs des tubes circulaires, de 20×20 à 400×400 pour les tubes carrés et de 40×20 à 500×300 pour les tubes rectangulaires.

Pour les éléments formés à chaud, les épaisseurs vont de 2 à 40 mm pour les tubes circulaires et de 2 à 25 mm pour les produits de forme rectangulaire. Pour ceux qui sont formés à froid, elles sont comprises entre 1.2 et 12.5mm.

En comparaison des profils ouverts en I ou en H, les produits tubulaires résistent mieux aux phénomènes d’instabilité, mais ils sont plus difficiles à assembler.

Les produits composés

On trouve des éléments composés très variés : poutres reconstituées soudées (PRS),

- poutres en treillis, poutres cellulaires, etc.

Un grand nombre de possibilités existent dans les combinaisons :

- simple ajout de plats de renforcement ;

- création de sections composées spécifiques ;

- poutres alvéolaires obtenues par découpage dans l'âme de profilés laminés et réassemblage pour former des ouvertures circulaires, hexagonales …

Le processus de fabrication d'une poutrelle Angelina est illustré sur la figure suivante

Les deux éléments assemblés ne sont pas nécessairement issus de la même section transversale ce qui autorise la création de poutres dissymétriques.